Arnaud Nîmes La morale de l’histoire
Pierre Le Vigan
Eléments (N° 133 octobre-
« Le sexe, il n’y a que ça de vrai ! »
La morale de l’histoire est le roman d’un inconnu, Arnaud Nîmes, édité par les éditions
Alexipharmaque d’Arnaud Bordes. C’est une histoire de sexe. DE libération de la dépression
par le sexe. C’est aussi une histoire contemporaine. Il y a les obsessions « morales
» de notre temps : ne pas « instrumentaliser » autrui, ne pas jouir de trop jeunes
filles, ou d’anciennes élèves. Il y a le récit des hiérarchies contemporaines : les
riches font plus l’amour que les pauvres, et avec de plus jolies créatures, vénales
ou non. Il y a les non-
Arnaud Nîmes La morale de l’histoire
Sarah Vajda
Le Magazine des Livres (N° 20 novembre/décembre 2009)
« Un trop juste portrait »
Vif, habilement troussé, intelligent, le premier roman d’Arnaud Nîmes – anonyme ?-
Le moyen de ne pas souscrire au monde selon Arnaud Nîmes ? Comment en revanche être
certain que la cible fût atteinte ? Excès de réalisme et de sociologie ? Le livre
souffre un peu de la comparaison avec les productions d’une maison d’édition comme
Hermaphrodite, particulièrement ceux de Jean-
La faute de ce semi échec tient à l’intelligence de Nîmes. L’invraisemblable étant
chose réelle, le jeune homme aura songé qu’il suffisait de donner à voir le non sens
pour le faire jaillir, chirurgical, en pleine lumière. C’était un pari. Il vaut ce
que vaut ; ainsi considéré, le livre tient. Un presque rien (sans doute la cicatrice
des Lettres classiques) empêche le diamant brut d’être tout à fait sans défaut. En
outre, choisir l’angle sexuel comme ligne d’attaque requérait plus de métier peut-
Je n’ai été qu’à demi convaincue par ce roman, certaine tout de même que ce livre mérite lecture et attention et son auteur d’être rencontré et suivi.
Son sujet ? Le plus banal du monde. Un professeur de Lettres classiques, désenchanté
– on le serait à moins, quinquagénaire en 2009 !-
Malheur à l’honnête homme, l’homme ordinaire, qui croise leur chemin : telle demeure « la morale de l’histoire ».
Avec acuité, Nîmes conte la lente et sûre descente aux Enfers d’un presque vieillard
qui aura cru retrouver la santé dans l’exercice de la sexualité. La fable est vieille
et le pouvoir médiatique tyrannique. Carlito’s way. Voie sans issue. Misère de la
sexualité-
Comment d’un tel paysage se faire le Nicolas Poussin ou le Philippe de Champaigne ? Comment être le Tallement des Réaux, le Brantôme ou le Retz d’un semblable univers ? Voici la seule question qui vaille. Pour l’heure, nous ne pouvons que tenter de survivre, retranchés dans les Humanités ou le passé, rêvant d’autres rivages, à moins que frères de Jérôme Bosch, nous ne trouvions, extase de la délectation morose, plaisir à nous enfoncer dans la grande nuit, non plus européenne mais mondiale.