Luc-
André Murcie
Littera.incitatus.com (octobre 2007)
Deuxième volume de Luc-
L’IDEELLE PATRIE
Si nous devions résumer le contenu de ce livre il nous suffirait de trois mots : Homère, Platon, Plotin. Certes à chaque vocable nous énonçons un continent mais cela ne serait rien. Ce ne sont pas les textes sur ces trois figures majeures de la civilisation grecque qui font défaut, et Troie de plus ou Troie de moins, la face du monde n’en serait pas changée. Nous avons d’ailleurs une université ronronnante à souhait qui se charge à merveille d’entretenir sur la tombe des civilisations éteintes la flamme froide des stériles récapitulations.
Notre modernité fleurit sans restriction les anniversaires du souvenir. Mais l’étude de la Grèce antique n’offre d’autre inutile intérêt que platement et pieusement exhumatoire, si l’on ne l’inscrit pas dans l’active réminiscence philosophique d’un combat actuel.
Ne vous laissez pas endormir par le songe de Pallas sinon les yeux grand-
Pourquoi la Grèce et point une autre alma mater ? Luc-
Donc la Grèce. Celle des Dieux et des poëtes. Celle triomphante, de la mosaïque d’Arbéles, Alexandre chargeant à la tête de la cavalerie macédonienne empli de cette fureur sacrée qui ne saurait être qualifiée d’hybris, car celui qui force les portes de corne et d’ivoire du songe des Dieux a franchi sans encombre l’ordalie éthérique de nos finitudes humaines.
EROS
Les tâcherons scolaires ont coupé le gâteau platonicien en deux tristes morceaux.
Les mauvais élèves se partageront les gros gluaux farineux du pain des pauvres d’esprit,
et les délicates cervelles humeront le fin fumet évanescent de l’idée de la galette,
réduite à la portion congrue de son ombre platonique. Luc-
L’eidos nous enjoint de redescendre de la transsubstantiation cognitive. Il faut revenir au corps du délit, de Délie et de l’idée. Glissement progressif vers le plaisir, l’acmé platonicienne est une montée érotique. L’on passe de forme en forme comme d’amante en amante. La connaissance n’est pas un saut en chute libre dans l’inconnue mais une avancée victorieuse dionysiaque et voluptueuse, apollinienne et maîtrisée.
Car les Dieux sont toujours là, dans la présence des choses et du monde, dans le chemin du logos, et la langue qui parle est aussi celle qui embrasse et incendie les chairs offertes en même temps que conquises. Les fidèles d’amour sont avant tout des fidèles d’éros.
Certes ces textes insistent surtout sur la contemplation théorique et théoriale du déploiement de l’être dans l’arborescence ensoleillée de l’étant. Etant dire que le monde brûle de mille feux invisibles. Mais il suffit de passer sa main à la surface des êtres et des choses pour ressentir l’inaltérable désir du monde et des Dieux.
L’homme moderne habite la chambre froide de ses rêves éteints. Il ne consume plus
le monde mais le consomme, faute de mieux, faute de Dieux. Cette relation incestueuse
et pédophilique qui unit, en une jointure existentielle absolue, et sa finitude circonstancielle
et son infinitude essentielle, l’homme moderne l’a oubliée. Tout au plus la marque-
ARES
Ce livre est bien une machine de guerre contre la modernité. Toutefois l’éternel
retour du cycle perpétuel et empédocléen n’est pas totalement revisité. Eros et Arès
ne construisent ni ne détruisent un même monde. C’est déjà en cela que Luc-
Nous sommes là au cœur de la contradiction d’algangienne qui accepte cette dualité
gnostique alors qu’un André Murcie, par un exemple tout à fait inaléatoire n’hésite
pas à sacrifier l’un au profit du multiple, puisque l’un ne résorbe dans la multiplicité.
Mais Luc-
Ceci est d’une autre problématique mais il ne faut pas chercher plus loin que l’un,
l’autre et le multiple, la divine apparition de la sainte trinité catholique. La
gnose a poussé une hypostase dans le ventre mou du christianisme. Et le taureau mitraïque
n’a jamais retiré sa corne d’abondance de la théologie chrétienne. La pensée d’algangienne
se tient en cet instant précis, au-
Le songe de la déesse comme l’image sanglante de la virginité littéraire accomplie, assumée en les noces odysséennes de l’esprit avec le fer de la langue. La beauté du style d’algangien provient de cette tension irréfragable, de cette lutte surhumaine à tenir à égale distance les trois redoutables crocs de l’assomption du divin. Car les Dieux viennent plus facilement au poëte que les hommes ne vont aux dieux.
L’exemple homérique nous écarte de l’éros. Trop aimer les Dieux ne sert de rien.
A l’éros préférons les héros. Luc-
Les dieux nous sont une injonction au défi de notre existence. C’est parce que l’acceptation de la modernité est impossible que l’écriture d’algangienne renoue avec une ancestrale escrime paroxystique et herculéenne. Il faut savoir se détourner du divin pour mieux s’occuper des monstres qui nous assaillent par derrière. De la théorie contemplative l’on se doit de passer à la praxis.
L’attaque est la meilleure des défenses. L’urgence des premiers assauts a toujours
empêché Luc-
La guerre à mener contre les dieux et le monde se solutionne souvent en un duel
avec soi-
ERIS
Au-
Il arrive un moment où le logos doit se faire kaos. S’il ne veut pas s’abîmer dans
l’auto-
Sans doute faudrait-
Mais l’éris est au fondement de ce que ce fils de roi appelle le Royaume et que
nous-
Au pays des anarques, le roi est borgne. Celui qui ne rêve que d’un œil que faut-
Ce que l’on ne peut pas dire vaudrait-
Il suffit de remonter la chaîne aristétolicienne des causalités d’algangienne : le
verbe n’est qu’une forme logique et idéelle du songe de Pallas. Encore qu’évidemment
il ne faudrait pas entendre la concaténation d’Aristote comme un déterminisme matérialiste
de bas-
L’IDEELLE ECRITURE
L’écriture d’algangienne est un brasier. L’éros comme baiser de feu, l’arès comme flaque de sang, l’éris comme tapis de pourpre. Toute lecture d’algangienne, dès qu’elle ne veut point se contenter du doux balancement des harmonieuses cadences d’une prose d’une limpidité exceptionnelle, se transforme vite en périple ordalique.
Le Songe de Pallas est un livre de haute métaphysique. Mais qui s’attendrait à une
promenade de tout repos dès que l’on se hisse sur les sommets olympiens ! Luc-
Le pire c’est que l’on ne songe jamais en le lisant qu’il lui arrive de lâcher la
proie pour l’ombre. Terrible carnassier que Luc-
La pensée grecque est au fondement même de la pensée occidentale qui s’est imposée au monde entier. Il ne manque pas de commentateurs ; radios, télévisions et vitrines des librairies débordent de beaux parleurs. Mais qui a encore la patience de ce retour à l’origine ?
La modernité est pressée. Plus personne n’a le temps de cette longue constance, de
ce long désir de compréhension. Cela fait presque trente ans qu’articles après articles,
comme autant de bouteilles lancées à la mer, Luc-
Luc-
L’ostracisme qui pèse sur cette œuvre essentielle est certes compréhensible quand l’on réfléchit à la violence de la critique d’algangienne. Mais il est aussi un des signes les plus inquiétants de la nouvelle barbarie libérale qui se met tout doucement en place. Nos contemporains ont perdu le goût et le souci de la beauté !
Luc-
L.O d’Algange Le songe de Pallas
A l’écoute des livres (décembre 2007 )
Depuis la création de ce blog en mars 2007, prolongement naturel de l'émission A
L' ECOUTE DES LIVRES, diffusée sur Radio Massabielle (97.8 Mhz et 101.8 Mhz) le mercredi
à 18h30, tous les genres littéraire ont été abordés : bande dessinée, romans, essais
historiques, pamphlets, religion, tous sauf un : la philosophie. La raison en est
multiple : la philosophie est peu "vendeuse" rares sont les éditeurs s'aventurant
à accepter des manuscrits traitant ce thème. On peut également se demander ce qu'est
la philosophie, débat éminemment....philosophique. De Platon à Aristote en passant
par les modernes Aron ou Sartre, les écoles philosophiques, humanisme, stoïcisme,
platonicisme, etc... se contredisent allègrement et le lecteur lambda n'y comprend
pas grand chose. Le romancier Jean-
L'auteur de ces lignes n'aura donc pas l'outrecuidance de trancher pour tel ou tel
courant ni de juger l' essai de Luc-
Luc-
Spécialistes et profanes pourront voir traités différents sujets parmi lesquels la pensée de la Grèce archaïque et celle de la Grèce classique, les notions d' honneur et déshonneur, de civliité et de civilisation, l'objectivité poétique....
Cet ouvrage n'est pas de ceux que l'on parcourt distraitement entre deux correspondances de métro mais constitue une somme de savoir et de réflexion.
Petite précision qui étonnera plus d'un amateur de musique des années 70/80 : David Bowie, star de la pop music a écrit une chanson intitulée Pallas Athéna. Ceux qui en liront le texte seront probablement étonnés.
Luc-
La Lettre du Crocodile (décembre 2007)
Voici un très bel essai pour qui est en quête de l'esprit de la Grèce antique. Composé de trois textes, Le Songe de Pallas, De la souveraineté, Digression néoplatonicienne, ce livre veut rétablir la résonance intime entre poésie et politique qui prévalait dans la Grèce d'Homère.
« La culture grecque, nous dit Luc-
La vie de la cité ne peut être détachée de la vie des dieux, d'une métaphysique qui
seule peut présenter le caractère d'universalité puisque au-
« II n'est rien de moins subjectif que les réalités divines. Lorsqu'il est dit que
le Royaume est en nous, ce n'est certes point pour le réduire aux aléas des subjectivités
individuelles. L'intériorité, au sens métaphysique, n'est pas une particularité individuelle
mais la porte d'un royaume universel. C'est toujours aux tréfonds de soi-
Pour l'auteur, c'est la concordance même du politique et du poétique qui fonde les
grandes civilisations. Pour cela il faut renoncer aux jargons de spécialistes, à
l'observation du détail, pour se laisser porter par la subjectivité miraculeuse du
langage, matière des songes créateurs et des mythes fondateurs. Il en appelle ainsi
à Empédocle, Platon, aux Présocratiques, ou étiquetés tels, extraits du carcan universitaire
pour mieux nous donner à penser le monde et, finalement la beauté. C'est bien à la
beauté que souhaite nous éveiller Luc-
Ce texte est à inscrire, mais pas seulement, dans une lecture de l'opposition entre
Tradition et Modernité, lecture-
L.O d’Algange Le songe de Pallas
La Recherche Astrologique (Vol 22. n°3)
Ce livre est composé de trois textes : Le songe de Pallas, De la souveraineté, Digression néoplatonicienne. Les deux premiers textes étudient la politique, au sens noble (et donc platonicien) du terme. Les deux premiers textes rappellent que l’humanitas grecque n’est pas la foule abstraite des systèmes politiques modernes. Ils démontent plusieurs idées faussent. Ainsi, la France monarchique fut, au sens strict, bien davantage une res publica que les républiques numérotées qui suivirent la Révolution. Le troisième texte montre ce que savent tous les lecteurs de LA RECHERCHE ASTROLOGIQUE : les idéologies dominantes sont des machines de guerre contre la métaphysique et le platonisme
L.O d’Algange Le songe de Pallas
William Tellechea
Parutions.com (mars 2008)
Luc-
Dans ce livre audacieux, Luc-
De Platon, Plotin, à la vitalité
dionysiaque de Nietzche, d’Henri Bosco le magicien, à René Daumal l’initié, il
convoque les plus grands esprits universels, au chevet de notre monde pourrissant,
et nous entraine vers des hauteurs olympiennes d’une perfection saisissante. De ces
pages extraordinaires, comme autant de visions seigneuriales, de ces trois essais
majeurs de philosophie politique, placés bien entendu sous l’égide de Pallas Athéna
; de la source grecque à la tradition française, des présocratiques aux auteurs de
la Provence légendaire, il nous mène au coeur du Mythe et du Symbole, aux antipodes
des rugissantes banalités de la vie quotidienne.
A l’heure de la consommation de
masse, des idéologies égalitaires ou des conformismes bariolés, ce Songe de Pallas
ne peut s’adresser qu’à un petit nombre d’élus ; pour qui voudra bien le lire, c’est
assurément une parole inspiratrice et visionnaire qui nous est offerte.
L.O d’Algange Le songe de Pallas
Philippe Barthelet
Symbole (mars 2008)
Il est particulièrement difficile de rendre compte de ce livre, sinon à la manière
que recommandait Cingria : citer, citer et citer encore ; éliminer autant qu’on peut,
si possible tout à fait, le tissu interstitiel du commentaire et de la paraphrase.
Il n’y a là rien à expliquer, la pensée est aussi ferme que son expression est limpide.
L’herméneutique, si chère à notre auteur, soit le service de Thot-
«Nous sommes de ceux qui croyons qu’un
Grand Songe peut seul nous sauver de cette terrible déraison qui envahit tout».
Si la procession est reconnue : condition expresse que nie expressément la «modernité»
constituée comme telle. Le nihilisme qui la caractérise n’a d’autre postulat que
le refus de la reconnaissance, autrement dit le refus de la tradition, de ce qui
précède et nourrit. Il se fait gloire de la rupture, s’imagine original parce qu’il
se détourne de l’origine. Le langage étant un profond métaphysicien, on se bornera
à noter que rupture et roture sont des doublets : tout est dit, la modernité est
essentiellement roturière, elle entend rompre avec l’aristeia, cette conception héroïque
de la vie qui fonde l’humanité des hommes – et la divinité de dieux, l’une près de
l’autre, chez Homère aussi bien que chez Platon. Et l’on remerciera Luc-
«Il serait bien vain
de se référer aux mythologies anciennes si nous n’étions plus à même d’en éveiller
en nous d’intimes résonances». C’est ainsi qu’il faut faire de la métaphysique, sous
les murailles de Troie ou sur les grèves d’Ithaque ; les lèvres salées par les embruns
au large de Charybde et Scylla, ou les yeux rougis par la fumée des vaisseaux achéens
qui brûlent. Le «Songe de Pallas» prélude à cet éveil de l’entendement qui nous découvre
des harmonies là où l’on nous montre des oppositions : «Ce dégagement de l’intelligence
se traduit naturellement par des métaphores ascensionnelles. Méditer sur l’Être suppose
que l’on prenne la hauteur nécessaire pour embrasser toutes les apparences en un
même regard métaphysique. Or, prendre de la hauteur, c’est aussi gagner en légèreté».
C’est ainsi que les alternatives se résolvent en alternances ; que l’
L’auteur nous prodigue, c’est-
Luc-
Rébellion (n°38 septembre/octobre 2010)
Il y a des livres confidentiels que ses lecteurs gardent précieusement, comme un
mot de passe entre initiés et esprits libres. Le Songe de Pallas -
Et au regard de ses réflexions, les poussives polémiques sur l'identité française
et européenne apparaissent bien dérisoires. Agitation de troupeaux se livrant en
pâture au Pouvoir... Oublieux qu'ils sont au fond de « ces formes poétiques et civilisatrices
que l'on nomme faussement des «identités». » Mais quoi d'étonnant dans ce monde
où « les poètes ne hantent plus que les ruines d'un édifice d'où l'être a été chassé
» ? Les « petits rentiers de la révolution » (Soral) n'y sont pas en reste pour
communier dans les « valeurs » et réprimer les esprits, eux qui « entre une «obligation»
et une «nécessité», se targue(nt), en calculant salaire et retraite, de n'avoir
«ni Dieu, ni Maître» ! » Par contraste, Le Songe de Pallas est expérience de la rébellion,
exploration du Symbole, échappée... Contre les « déconstructeurs » mystificateurs
qui règnent en maîtres à l'Université, l'écrivain réaffirme la primauté de l'Esprit,
répondant comme il convient aux adversaires du Mystère et de la Vie. En dépit du
réductionnisme, du matérialisme psychanalytique, « ce qui existe dans l'union des
reflets entre le sensible et l'intelligible ne sort pas de l'inconscient mais s'y
répercute », car « la source de cette création est dons /e monde et au-
L'œuvre ne se laisse pas saisir et « résumer ». Elle doit être lue, par ceux du
moins qui savent encore rêver. Totalement en marge de la mesquinerie moderne, au
rebours des droits de « l'homme sans visage », inhumain, Luc-