Camille Mauclair L’Orient vierge
William L’Harmet
Réfléchir et Agir (n° 26 été 2007) « Barbares et civilisés »
C’est donc à une renaissance que nous convie cette maison d’édition paloise, exhumant
un roman visionnaire de Camille Mauclair, homme de lettres certes compromis à la
libération mais fort injustement oublié de nos jours. Ainsi, « L’Orient vierge »
paru en 1897, sous-
Derrière les murailles du Tibet, sur les côtes de Siam, dans le golfe de Bengale, par le Mysore, le Nyzam et les pays des Radjputs, aux confins d’une géographie sacrée ; par delà le mythe aryen, les voyages extraordinaires de Jules Verne, l’anarchisme d’un Lord Lister et les conquêtes du baron Von Ungern Sternberg s’érigent les frontières d’un nouvel ordre mondial, dans un fracas rouge sang et feu. Et c’est en prophète de ce que l’on pourrait qualifier d’Eurasisme avant la lettre que l’auteur ordonne ses chapitres : de « La marche vers l’est » à « L’assaut de Delhi » en passant par « Le cœur asiatique », nous sommes les témoins privilégiés de l’embrasement du vieux monde, des révolutions de conscience et finalement de l’ultime apostasie de Claude Laigle, dictateur de l’Occident unifié : « Mais j’ai eu tort de donner à l’Europe la haine de l’Orient. »
Quel charme incomparable de relire cent dix ans après sa parution ce roman exceptionnel de Camille Mauclair, sans doute inspiré du génie de Gobineau et des prouesses stylistiques de son époque ; une curiosité assurément, qui fera date pour le lancement de cette nouvelle collection très prometteuse : les rares.
Camille Mauclair L’Orient vierge
La Lettre du Crocodile (décembre 2007)
Ecrit en 1895, ce roman de Camille Mauclair (1872-
« A certains égards, précise Luc-
Le roman est étonnamment actuel tant Camille Mauclair, visionnaire, éclaire les contractions et les spasmes du monde :
« il n'y a pas de directions, tout est stable et se médite, continûment dans le présent.
Il n'y a pas de progrès, maître, il n'y a que des formes dissemblables, des signes
multiples qui colorent diversement le monde. Le progrès mécanique dont s'enorgueillissent
tes armées et tes peuples confédérés dans leur modernisme, ce progrès dressant des
machineries savantes, en relief sur des sentiments invariables, sur un amour, une
beauté, une mort et un silence qui jamais ne changèrent, ce progrès, il s'accomplissait
parallèlement ici, mais en creux, dans le domaine mental, parmi mes solitaires gardiennes
-
Ce livre inaugure au mieux la collection Rares de cet éditeur.