
L’Orient vierge de Camille Mauclair est un monde. Des civilisations y naissent, s’y
combattent en joutes nuptiales, meurent et renaissent, suivant le mouvement de l’Ellipse.
C’est que le romancier, tout « symboliste » et « décadent » qu’il soit, n’a pas
oublié qu’il était l’héritier du poète épique. La première partie de l’ouvrage, coruscante
et guerrière, est toute frémissante du ressac de l’Iliade. D’acier et de bronze,
les phrases y sont lisses et brillantes comme des écailles, comme les armes du Kalevala.
Le récit des batailles évoque le déroulement effrayant d’une immémoriale créature
ophidienne. On devine à l’arrière-
Le roman, écrit en 1895, décrit à la fois notre abominable passé, qui demeurait l’avenir de Camille Mauclair, notre présent et notre avenir, sur l’orée tremblante du nouveau millénaire.